03 novembre 2009
Le prix Aléa
Ce texte a été écrit pour l'atelier d'Aléa: "Vous venez de recevoir un prix... décrivez votre réaction face à la presse et vos plus fervents admirateurs ou rédigez votre discours de remerciements."
Je suis très émue et très touchée d'avoir reçu ce prix Aléa! Je ne pensais pas que mon écriture puisse plaire!
Écrire était pour moi l'unique moyen de figer des souvenirs, des émotions... C'est une étrange et curieuse manière de restituer des images, des situations dont au final on ne sait même plus si on les a vécues, ou si on les a inventées! C'est un étrange paradoxe de ne plus savoir si on écrit ce qu'on vit ou ce qu'on aimerait vivre...
Chaque atelier est une destination dont on ignore quels mots ils faut emprunter pour arriver à bon port. La seule certitude: prendre sa plume et se laisser guider! Chaque mots mis bout à bout réservent ainsi son lot de surprise, on les utilise, on se laisse porter par eux pour être surprise parfois des détours, des chemins de traverse qu'ils vous ont fait emprunter... Écrire c'est un étrange voyage, qu'on fait seule avec soi même, ou parfois la schizophrénie semble présente tellement il est difficile de se reconnaître et/ou de se découvrir entre les lignes!
J'écris, peut être seulement par crainte d'oublier un visage croisé, un être cher qu'on a aimé; celui qui n'est plus là, ou qu'on aimerait juste ramener vers nous pour mieux oublier son absence ... Écrire c'est peut être ça: remplir une page blanche de mots pour combler le vide de notre vie! Peut être est-ce juste un plaisir égoïste pour revivre à l'infini ces instants de bonheur fugaces qu'on voudrait rendre éternels? J'écris peut être juste pour lutter contre le temps, la défaillance de ma mémoire ou l'érosion de mes souvenirs!
Ce soir j'ai juste envie d'écrire un mot: Merci!
29 octobre 2009
Pour qu'il dépose les armes...
Texte écrit pour Aléa. " Leçon de seduction": où, quand, comment approcher l’être aimé, ou simplement désiré.
Je sentais que moins tu me regardais et plus tu avais envie de me toucher. J'avais juste envie que ta main remplace ce regard pénétrant quand tes yeux glissaient dans mon décolleté , qu'ils recouvraient mes hanches et la courbure de mes reins. Mon corps avait juste envie de sentir ta main sur mes seins, mais c'est la caresse de ton regard qui me faisait frissonner.
J'étais là devant toi, perlée de gouttes d'eau juste couverte d'un drap de bain. Je cherchais dans tes yeux une invitation à venir vers toi! J'aurais put laisser glisser cette serviette au sol, venir plus près de toi, frotter mon corps humide contre le tien. J'aurais put laisser courir mes doigts sur tes muscles saillants, les glisser doucement jusqu'à la boucle de ton ceinturon et te ronronner trois mots doux dans l'oreille.... Mais non, cela aurait été trop facile! Je voulais que tu sois celui qui ne résisterai plus! Je voulais qu'enfin se soit toi qui cède sous la pression du désir, je voulais qu'enfin se soit ta raison qui défaille... Je voulais juste que se soit toi qui vienne dans moi!
Ton regard se plongeait enfin dans le mien, lentement, intensément, follement, passionnément... Il remontait vers la cambrure de mes reins. Enfin mon corps ne t'inspirait plus que des caresses, je sentais que j'allais juste renaître, là devant toi, tant nos corps brûlaient de désir... Enfin tu déposais les armes! Envolée la raison, dévorés par l'emprise de nos sens je savais que là maintenant j'allais juste t'appartenir... Je savais qu'enfin ton désir avait été plus fort que ta raison! Je savais à cet instant précis, où nous étions ventre contre ventre, qu'enfin nos corps allaient s'incendier et que nous allions nous consumer comme le font tous les amants d'un soir...
25 septembre 2009
J'aurais voulu être...
Texte écrit pour l'atelier d'Aléa : écrire un texte sur ce qu'on aurait aimé être.
J'aurais voulu être l'étudiante étrangère et non pas cette petite étudiante française ordinaire, banale et commune sur les bancs de la fac. J'aurais voulu être celle qui va jusqu'au bout de ce qu'elle ressentait et non pas me laisser submerger par toute une valse d'émotions que l'on refoule... J'aurais voulu être dans cet avion pour à l'arrivée me jeter dans tes bras et être l'expatriée de ton coeur!
J'aurais juste voulu être un peu plus courageuse, audacieuse et beaucoup moins rêveuse... J'aurais voulu être réaliste et moins naïve quand pour dix amours de trouvés un seul est vraiment regretté!
J'aurais voulu être écrivain pour pouvoir écrire cette vie qui n'est pas la mienne et trouver les mots justes quand je suis lasse de ton absence et de ton silence... J'aurais voulu être une comédienne pour pouvoir vivre en toute insouciance cette vie qui n'est pas la mienne!
J'aurais voulu être la dernière , pourquoi pas l'unique pour ne plus être la première! J'aurais voulu être celle qui se réveille le matin à tes cotés et non plus celle dont on a rêvé... J'aurais voulu être celle qui n'est plus un souvenir, être dans ton présent pour ne plus être celle que l'on regrette.
J'aurais voulu être amnésique quand lentement les souvenirs reviennent et que le temps qui passe n'efface pas la peine, le chagrin et le goût des regrets...
J'aurai voulu être... tout simplement et ne plus avoir été...
09 septembre 2009
Mademoiselle Pichot
Ce texte a été ecrit pour l'atelier d'Aléa.
Il y avait ces fleurs des champs que je ramassais sur le chemin de l’école tous les matins, je lui faisais son bouquet. J’étais heureux, j’étais dans la classe de Melle Pichot! Après ma mère, c’était la plus belle ! Elle avait de beaux yeux verts,un chignon et toujours des boucles blondes qui s’en échappaient ! Ah Melle Pichot on aurait dit un ange …. Sa voix était douce , même quand elle nous apprenait une table de multiplication je croyais entendre une berceuse…
Je me souviens une bêtise par ci , une bêtise par là, juste parce que je voulais rester le soir de corvée pour effacer le tableau noir, ranger la classe, quelques instants pour être seul avec Melle Pichot ! Je glissais toujours sur son bureau un petit bonbon que je chapardais dans la boulangerie du coin… Ah comme elle était belle Melle Pichot !
J’ai 40 ans, une dame s’avance vers moi : " Mais c’est notre Petit Pierre qui a bien grandit ! " Oui Melle Pichot, c’est bien moi… Elle a toujours son chignon, les cheveux ont blanchis, mais ses yeux sont toujours aussi verts et son regard toujours bienveillant et doux ! Elle porte toujours la même eau de cologne parfumé à la rose … Ah comme ça sentait bon dans sa classe : odeur de rose mêlée à celle de la poudre de craie et de la colle Cléopâtre …
Melle Pichot ,vous rendiez toujours mes rentrées plus douces avec votre sourire !Elle ne s’est jamais mariée, pourtant c’était la plus jolie institutrice de l’école mais elle a épousé sa profession… Ses enfant, nous l’étions tous et moi je voulais être son préféré car je l’aimais beaucoup ! Ce matin, c’est mon grand garçon qui sera à son tour un enfant de Melle Pichot, un des derniers car c’est la dernière année de Melle Pichot . " Comment s’appelle ce grand garçon, j’espère qu’il sera moins coquin que son papa ! "
Bonne rentrée, très chère Melle Pichot et ce soir sur votre bureau vous trouverez un bonbon comme autrefois… Saviez vous que c’était moi qui vous le déposais ?
Bonne rentrée mon garçon ! Le temps a passé sur nous tous, sur toi qui grandit, sur moi et l’enfant que j’étais... et sur cette adorable Melle Pichot … La Boucle est bouclée !
29 juin 2009
La traversée
Ecrit pour l'atelier d'Aléa.
Une partie du texte doit se dérouler au bord de l'eau et comporter les mots:bac,livre,souris. Il faut 3 personnages et essayer de le rédiger entre 110 et 130 mots.
Tu lui souris, tu le regardes, mais je sais à la manière dont tes yeux se lèvent de ton livre touristique à quel point il te plait! Il se penche vers toi pour te parler, je vous observe …
La brise et le vent ébouriffent tes cheveux, tu es radieuse : ça ne lui a pas échappé ! Je vois comment il te dévore du regard… Je tente de rompre cette alchimie débutante en attirant ton attention sur le Cordouan… Je sais que tu adores ce phare, que tu aimes l’admirer mais en vain : ton attention est ailleurs… Tu saisis, alors l’opportunité pour lui expliquer son histoire ... . Je sais que tu peux être une guide merveilleuse mais je vois bien que lui, il est prêt à te suivre là où tu voudras…
Sur le bac qui relie Royan et Verdon, je sens que je suis sur le point te perdre…
19 juin 2009
la porte
Écrit pour l'atelier d'Aléa. Texte à partir d'une photo et rédiger à la première personne; soit on pousse la porte et on raconte ce qui se passe ,soit on ne le fait pas et on explique pourquoi.
Je me sens tellement stupide devant cette porte !
Mais que fais je ici ?
Quelle mouche m’a piquée de revenir devant ce cortijo andalou ?
Que vais-je lui dire ?
Comment vais je lui expliquer ?
Franchir cette porte ce n’est pas rien, ce n’est pas anodin ? Ouvrir cette porte c’est ouvrir ma boite de pandore….
Et le taxi qui s’impatiente… et moi qui reste là,hébétée, à me demander encore ce que je dois faire, perdue dans mes choix, tiraillée entre ma raison et mon coeur…
La dernière fois, il y a si longtemps, il faisait nuit mais j’étais derrière cette porte…
Je sens encore l’odeur des oliviers, celle des citronniers, la fraîcheur du patio, nos douces et tendre soirées d’été…
Tant de souvenirs…
Et ce frisson dans mon corps qui remonte le long de mon dos en repensant à nos pas de deux tendres et hésitant à la fois, et surtout si sensuels ….
Tant de souvenirs, revoir Cordoue, y laisser mon cœur encore une fois, courir après des souvenirs, te revoir et te retrouver et surtout me perdre ….
Non !
Je suis venue, je suis si près mais je ne peux pas, je ne veux pas revenir ainsi !…
Le taxi s’impatiente laissons les souvenirs là où ils sont derrière la porte de ce cortijo…
Tant pis jamais tu ne sauras ….
J’ouvre la porte du taxi cette fois ci il n y’a aucune hésitation a avoir!
Un bruit, une voix, un surnom : mon dieu cela fait des années qu’on ne m’a pas appelé ainsi !
C’est lui !
Si moi je n’ai pas sut ouvrir la porte, lui il l’a fait, comme toujours, il a sut venir à moi quand je m’y attendais le moins….
Pourquoi a t'il ouvert cette porte alors que je m’apprêtais à partir encore une fois ?
Mon dieu que vais lui dire ?
Qu’importe je verrai ça plus tard….
Le temps passe mais l’emprise est la même et notre histoire au final est semblable à une sévillane : on s’ approche, on se dérobe, nos corps au début se frôlent sans se toucher, puis on s’abandonne derrière la porte…
Mais quand la danse est fini on se quitte !
03 juin 2009
Devenir mère
Voici un texte écrit pour l'atelier d'écriture d'Aléa. C'était un petit concour pour la fete des mères...
Devenir mère, c’est dire adieu à la grasse matinée…
Devenir mère, c’est oublier sa tranquillité…
Devenir mère, c’est trébucher sur ton jouet préféré.
Devenir mère, c’est remuer ciel et terre pour Ton Doudou !
Devenir mère, c’est être parfois au bord de la crise de nerfs.
Devenir mère, c’est apprendre à être imparfaite !
Devenir mère, c’est vous serrer très fort dans mes bras,
Tellement j’ai eu peur de ne pas pouvoir être mère !
Devenir mère, c’est apprendre à être patiente.
Devenir mère, c’est s’inquiéter souvent…
Devenir mère, c’est pleurer pour toi et avec toi !
Devenir mère, c’est souffrir avec toi !
Devenir mère, c’est passer du bonheur au chagrin…
Devenir mère, c’est connaître le mystère de donner la vie,
Car rien n’offre plus d’amour qu’un enfant qui vient de naître !
En devenant mère, j’ai compris ce qu’aimer veut dire
15 mai 2009
Je me souviens...
Il s'agit d'un atelier proposé par Aléa: écrire une ou plusieurs phrases à la manière de Geoges Perec, commençant par "je me souviens".
Je me souviens de l'odeur de tes cigarettes
Je me souviens de ton parfum
Je me souviens du bleu de tes yeux
Je me souviens des courbes de ton corps
Je me souviens de ta poitrine généreuse
Je me souviens du miel de tes baisers
Je me souviens de la chaleur de tes bras
Je me souviens de la douceur de tes caresses
Je me souviens de ton corps contre le mien
Je me souviens on se consumait de désir
Je me souviens ce soir là nous n'avons pas fait l'amour!
Je me souviens le lendemain tu es partie
Je me souviens de tes larmes
Je me souviens... Premier amour quand tu nous tient
14 avril 2009
pars et surtout ne te retournes pas
Thème proposé par Aléa: "écrire, sous forme de liste, un inventaire à la Prévert,
Vous allez pour la dernière fois refermer la porte de la maison et partir seule, sans vous retourner. Une autre vie commence, une page se tourne et vous ne savez de quoi demain sera fait. Vous tenez fermement la poignée de votre valise qui renferme toutes vos possessions terrestres, ce sera votre seul lien avec votre passé. "
Je ne prendrai pas mes souvenirs....Je te les laisse à quoi bon ressasser le passé!
Je ne prendrai pas nos photos... elles sont comme nos souvenirs figées dans notre passé ....
Je ne prendrai pas mon alliance ....je te les laisse avec nos souvenirs symbole d'un engagement passé....
Je ne prends pas le double des clefs désormais elles ne serviront plus à rien....
Je descends l'escalier....
Mes doigts se crispent sur ma valise ,si petite mais si lourde de conséquences....
Les clefs tournent dans la serrure,la porte s'ouvre vers l'inconnu....
Doucement elle se referme ...
Dans un grand soupir les yeux mi clos le coeur au bout des lèvres ....
Je dois partir et surtout ne pas me retourner de peur de rester figée moi aussi dans ce passé
Car on ne se retourne pas sur Sodomme et Gommorrhe...
Partir et surtout ne pas se retourner ....
Mais toi seul peut encore tout empecher ...
09 avril 2009
sur la route
pBut de cet atelier ,proposé par Alea , écrire un texte à partir d'une image!
Je prends cette route, celle là même qui 18 ans plutôt nous avait séparé....
Je prends cette route tel un voyage dans le temps !
Je prends cette route pensant y trouver des réponses sur ce qu'on a été ,ce qu'on aurait put être ,sur ce qu'on ne sera plus ou sur ce qu'on pourrait peut être devenir....
Je prends cette route sachant très bien vers qui elle mène , de qui elle me sépare ,mais ne sachant pas vraiment ce qui m'attends après!
Je prends cette route comme un trait d'union entre un passé qui se recompose et un autre qui se termine!
Je prends cette route car il y a des histoires que le temps n'altère pas , il y a des histoires qui n'appartiendront jamais au passé et cette même route est le passé qu'on peut de nouveau conjuguer!
Je prends cette route car à trop vouloir bien faire , à trop vouloir donner je me suis juste un peu perdue!
Je prends cette route ,la frontière est proche.... peut être enfin je saurai pourquoi 18 ans après tu as juste voulu me retrouver.....






